La fondation de l’Aïkido par Maître UESHIBA

Réflexions sur la pratique

La restauration de l'empereur Meiji en 1868 marque un tournant considérable pour le Japon, qui, forcé de s'ouvrir à l'étranger, choisit de passer brutalement d'un « moyen-âge » replié sur lui-même à une stratégie conquérante d'ouverture et de modernisation. Ce choix va amener des changements considérables, dont les meilleures traces se retouvent dans la littérature moderne du Japon, qui naît d'ailleurs à cette époque. L'un des plus grands bouleversements est celui que connaît la structure militaire, avec la disparition du système féodal du shogunat au profit du développement de l'armée impériale. Le système éducatif est également réformé. En conséquence de quoi, au tournant du siècle, les arts martiaux vont progressivement devenir partie intégrante de l'éducation des Japonais.


C'est le 14 décembre 1883, dans cette époque de tous les bouleversements, que naît Morihei UESHIBA, fondateur (soke) ou 1er Doshu de l'Aïkido.

Le jeune Morihei (« Paix abondante ») est animé d'une immense soif de connaissance de lui-même qui le pousse vers les disciplines ascétiques –Bouddhisme Shingon– en général et en particulier les arts martiaux. Encouragé par son père, il se consacre corps et âme à leur étude, autant les techniques à mains nues –judo, jujutsu– que le maniement des armes dans les écoles les plus prestigieuses : le sabre –notamment Goto Ha Yagyu Ryu dont il aura un Menkyo Kaiden– et la lance –Hozo In Ryu–.

La guerre russo-japonaise en 1905 fait remarquer sa bravoure comme soldat, ce qui lui vaut d’être affecté à l’instruction des soldats. A partir de 1910, il participe à la colonisation de l’île de Hokkaïdo, où il prend la tête d’une communauté de villageois.

Vers 1915, il fait une première rencontre déterminante, avec Sokaku TAKEDA, héritier de l’école Daïto Ryu, auprès de qui il étudie le sabre et le jujutsu. Il en recevra par la suite un diplôme d’enseignant.

En 1920, autre rencontre décisive, celle de Onisaburo DEGUCHI, prédicateur de la secte shinto Omoto Kyo. Il fonde son premier dojo indépendant au sein de ce mouvement, où il consacre aussi beaucoup de temps aux travaux agricoles et commence l’étude du Koto Tama (« Ame des mots »).
L'enseignement martial de Sokaku Takeda apportera à Morihei Ueshiba une base technique cohérente pour ce qui deviendra l'Aïkido, et l'enseignement spirituel d'Onisaburo Deguchi l'amènera à réaliser la vanité du combat et à rechercher une voie de paix et d'harmonie.

Il participe également à la tentative infructueuse de la secte de fonder une colonie en Mongolie en 1924. Son mode de vie ascétique et son engagement auprès de la secte et de son maître lui vaudront même un temps la suspicion des autorités.

Engagé dans de nombreux combats, Morihei Ueshiba trouve de moins en moins de satisfaction dans la victoire, et se tourne de plus en plus vers le Shinto pour trouver des réponses à son questionnement. Au printemps 1925, une illumination spirituelle lui vient à la suite d’un duel avec un officier de marine, lui faisant réaliser la vanité du combat qui nous coupe de la paix et de l’harmonie universelles.

L’ « Aïki Bujutsu », art de combat, devient « Aïki Budo », voie de vie ascétique, sans vainqueur ni vaincu autre que soi-même.

Dans les années 30, il prend ses distances avec l’Omoto Kyo, suspecte pour le pouvoir impérial, mais continue l’étude du Koto Tama. Il fonde plusieurs dojos (dont le siège de l’Aïkikaï à Tokyo), grâce à des protecteurs haut placés, dont l’amiral TAKESHITA.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, il se retire à Iwama, dans un dojo construit à la campagne. Le terme « Aïkido » est adopté à cette époque. La direction des dojos de Tokyo est confiée à son fils Kisshomaru (1921 – 1999).

Lorsque les arts martiaux sont à nouveau autorisés après la guerre, l’Aïkido est diffusé mondialement sous l’impulsion de Kisshomaru. Certains de ses élèves de maître Ueshiba s'installent notamment aux Etats-Unis et en Europe pour répandre son enseignement.

Maître UESHIBA reçoit les plus hautes distinctions impériales. Jusqu’à sa mort le 26 avril 1969, il mène une vie d’études à Iwama et voyage pour des démonstrations, insistant sur la dimension spirituelle de l’Aïkido.

Il est fréquemment désigné par le titre O Sensei (Grand maître).

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