Shin, Gi , Taï

Réflexions sur la pratique

Dans la pratique de toute discipline, il est nécessaire de disposer de critères permettant de juger de la qualité du travail effectué. Aussi bien peut-il s'agir de la ressemblance d'un portrait que du temps dans lequel on court le 100 mètres. Dans la plupart des arts martiaux japonais, le jugement est basé sur les critères qualitatifs Shin (l'esprit), Gi (la culture et la technique), Taï (la capacité physique).

Ces deux derniers critères peuvent être appréciés de manière assez objective : quel rythme le pratiquant tient-il, pendant combien de temps ? Est-il encore capable d'une accélération décisive ? commet-il des erreurs dans sa technique, l'applique-t-il avec suffisamment de précision ? La question de l'esprit est plus subtile, puisqu'il s'agit d'apprécier les principes qui s'expriment à travers le comportement du pratiquant.

L'idéal d'éthique attaché à l'Aïkido exige de maîtriser sans nuire, en tout cas aussi peu que possible. Bien que cela soit extrêmement difficile en situation de combat réel, l'application en  est tout à fait pratique : le pratiquant qui peut ainsi rester maître de lui-même dispose de toute sa lucidité au moment critique pour juger immédiatement la situation et la maîtriser. A la vitesse à laquelle un poing peut arriver vers vous, il n'y a guère le loisir d'être dans la lune ! Et cette maîtrise, au bout du compte, ne se sent pas seulement sur le tatami, mais favorise un comportement positif et équilibré dans la vie de tous les jours.

Etant donné qu'il n'y a pas de compétition en Aïkido, ces trois critères ont d'autant plus d'importance, et notamment lors des examens. Le résultat ne suffit pas : il faut qu'il ait été correctement obtenu. En effet, il est facile de démontrer qu'on peut contrôler quelqu'un de plus faible, si on a la chance d'avoir un tel partenaire ; encore faut-il que le jury puisse voir que, de la manière dont on s'y est pris, la force du partenaire n'a plus d'importance : ce n'est pas la chance du pratiquant qu'on cherche à juger, c'est sa maîtrise !

Défense donc de dormir sur ses lauriers : réussir une fois ne suffit pas. Mais c'est aussi le signe que la pratique de l'Aïkido, comme de tout art authentique, est enrichissante pour toute la vie. Même lorsqu'avec le temps, "Taï" commence à décliner, on peut toujours progresser sur les autres plans ; et  même les plus fougueux casse-cou considèrent avec respect l'expérience et l'exemplarité des anciens.

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